Maison des artistes de Jerusalem, fevrier 2001

L'icône byzantine est la traduction de l'image de la langue de la perspective à la langue de la surface.
Les racines de l'icône byzantine résident dans les vases antiques préclassiques de la Grèce, dans les fresques et les bas-reliefs de l'ancienne Egypte ainsi que dans les bas-reliefs de Babylone et de l'Assyrie qui est le pays natal de Abraham.
Pour moi, les racines de la tension de la surface du tableau viennent du fait qu'aucune couleur (tâches, tons, lignes, rythmes) ne ressort de la surface; cela crée un plan lisse et tendu où les yeux peuvent glisser sans obstacles.
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Si pour un peintre "je pense donc je suis" de Descartes peut se traduire par "j'existe par les    lignes, tons, tâches, couleurs, rythmes" sur le tableau. Les "lignes, tons, tâches, couleurs, rythmes" existent comme données du monde en dehors de moi et ne sont pas pour le peintre une vérité totale. Cette pensée a été aussi acceptée par l'école de Paris. Les "lignes, tons, tâches, couleurs, rythmes" finissent les grimaces de l'anatomie comme sujet de la peinture. L'école de Paris a poussé par ses découvertes l'éclosion de la "contrainte du tableau" et par cela cette "contrainte" élimine son géniteur.
Après la mort de l'anatomie et la mort des "lignes, tons, tâches, couleurs, rythmes" qui n'existent que par elles-mêmes, il a été possible de donner vie aux couleurs complémentaires qui naissent de leur rapport entre elles selon la palette de Delacroix. 
Pour les artistes de Jerusalmix le plus important est de créer la tension de la surface, comme une ligne de division entre le monde extérieur du sujet et le monde intérieur de l artiste. 

  A. Basin