| En arrivant à
Jérusalem venant de la Russie, l'héritage de Théophane le grec vivait en
moi. Je fis la rencontre de Hédi Tarjàn
qui me fit partager sa connaissance du maître grec de Cimabue. Avec ces
deux héritages, nous avons construit notre chemin. J'avais appris de Théophane
le grec et de Andreï Roublov comment créer ''la tension de la surface"
dans la peinture permettant la naissance des couleurs. Cette tradition
ne venait pas des enseignements des Pères de l'église et de l'iconographie
officielle.
Par ma fréquentation assidue
du Musée Russe de Saint-Pétersbourg, Théophane et Roublov m'avaient appris
à faire jaillir les couleurs par le rapport entre elles. Ces grands peintres
ont eu le génie de faire passer les icônes de l'artisanat à l'art sans
les significations symboliques (l'or et le bleu saphir).
Pendant que mes amis peintres
immigraient à Paris directement de la Russie, j'ai pris peur pour moi-même
de cette confrontation avec l'Ecole de Paris.
La contemplation des œuvres
de Matisse et du jeune Picasso au musée de l'Hermitage et mes connaissances
de Théophane le grec et de Andreï Roublov m'a fait découvrir, que malgré
le temps qui les sépare, ces artistes se sont basés sur le principe de
la ''tension de la surface''.
Par peur de leur ressembler
j'ai choisi d'aller en Israël en février 1980 où pendant les deux premières
années, j'ai peint des gouaches sur les papiers de banques, tout en étant
gardien de nuit pour subvenir à mes besoins, n'ayant ni argent ni studio. |